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Born to be alive
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Par TADOMI

Des débuts difficiles

Patrick Hernandez, né le 6 avril 1949 au Blanc-Mesnil, traîne dans le milieu musical à partir des années 1960, sans grand succès. Il joue dans plusieurs groupes, notamment Paris Palace Hôtel (P.P.H.), où il est guitariste et chanteur aux côtés de son complice de toujours, Hervé Tholance.

C’est là, qu’en 1973, il écrit le texte de sa célèbre chanson dans un moment d’énervement contre son entourage, frustré par celui-ci, qui selon ses dires « faisait les choses à moitié ». 

À l’origine, le titre n’était pas celui qu’on connaît actuellement. Il chantait « Born to Be Wild », mais se rendit vite compte que ce titre était déjà pris par Steppenwolf, un groupe Canado-Américain de rock psychédélique.

Il chercha donc un autre mot, et choisit « Alive », qu’il trouvait plus percutant. 

À l’époque, la chanson fut d’abord acoustique et folk, avant d’être habillée de riffs rock (courts motifs mélodiques ou rythmiques joués de manière itérative à la guitare). 

Une version rock de « Born to Be Alive » a même été enregistrée en 1975 avec P.P.H., mais l’album ne sortira jamais, et le groupe se dissout à la fin des années 1970. 

Découragé, Patrick Hernandez songe alors à tout arrêter et, après une rupture amoureuse, part élever des veaux en Périgord en 1977.  

La rencontre providentielle

Mais il n’en a pas vraiment terminé avec la musique. En mai 1978, il se rend chez le producteur belge Jean Vanloo, qui l’accueille en lui disant : « J’ai une chanson pour toi et les studios sont déjà réservés. » 

Une fois l’enregistrement de ce titre terminé, Vanloo demande à Hernandez de lui chanter un morceau de l’époque de Paris Palace Hôtel. Il interprète alors « Born to Be Alive », et Jean Vanloo, séduit, décide d’en faire le 45 tours — mais en version disco plutôt que rock, collant plus à l’air du temps. 

Un démarrage difficile, puis un succès planétaire

Au départ, aucun producteur ne veut publier cette chanson enregistrée en Belgique. Après avoir démarché les plus grosses maisons, c’est finalement un petit producteur italien qui accepte de la sortir. Le titre rencontre alors un vrai succès en France, avec plus d’un million d’exemplaires vendus, avant de conquérir le reste du monde.

Sorti en 1979, le titre explose : il devient numéro 1 dans plusieurs pays (Autriche, Suède, Norvège, France…) et atteint le sommet dans une quinzaine de pays au total.

Aux États-Unis, il grimpe jusqu’à la 16e place du Billboard Hot 100, tout en étant numéro 1 du classement disco. Il donne aussi son nom au premier album du chanteur.

L’anecdote la plus célèbre : Madonna choriste-danseuse

Pour lancer la tournée américaine début 1979, Jean Vanloo organise une audition à New-York afin de recruter choristes et danseurs pour accompagner Hernandez sur scène. Parmi les candidates, une certaine Louise Ciccone — la future Madonna — se démarque.

Jean Vanloo décide de la « récupérer » pour en faire sa protégée et lui propose de la ramener en Europe, mais pas mais pas pour chanter ou danser aux côtés de Patrick Hernandez.  C’est ainsi que le tremplin vers la carrière de Madonna passe, indirectement, par « Born to Be Alive ». 

L’après-tube

Mais ensuite, le succès ne se reproduira pas. Hernandez publiera encore quelques albums (Crazy Day’s Mystery Night’s en 1980, Good Bye en 1981) sans jamais retrouver le succès, ce qui lui vaudra l’étiquette de « one-hit wonder ».

Mais ce tube unique s’avère être une véritable rente : étant auteur, compositeur et producteur du titre, Patrick Hernandez touche, encore maintenant,  l’intégralité des droits d’auteur, ce qui lui rapporte entre 800 et 1 500 euros par jour, sans compter les droits de diffusion radio qui se négocient entre 1,80€ et 10€ par passage.

En 2016, il publie son autobiographie, Alive !, dans laquelle il raconte l’incroyable succès de la chanson. Depuis 2013, il tourne régulièrement avec le spectacle nostalgique Stars 80, où il continue d’interpréter ce titre devenu un standard des dancefloors, plus de 45 ans après sa sortie.

Petite note : certains chiffres avancés par Hernandez lui-même (56 disques d’or, 27 millions d’exemplaires vendus, 3e chanson la plus vendue aux États-Unis) sont contestés.

La RIAA, le Guinness des records et les organismes officiels ne confirment qu’un disque de platine au Canada, un disque d’or aux États-Unis et en Allemagne, et un disque d’argent au Royaume-Uni. 

On a donc ici une légende un peu enjolivée, mais qui n’enlève rien à l’incroyable destinée de ce titre né d’une rupture amoureuse et d’un séjour raté chez les veaux du Périgord.

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